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| AIMER ISRAEL AU QUOTIDIEN Impressions d’Israël |
| Par Anne-Marie Antonietti pour Guysen Israël
News |
| Mercredi 25 octobre 2006 à 21:25 |
J’aime vivre en
Israël ! C’est toujours intéressant de pouvoir vivre dans un autre pays, surtout
avec une autre langue, et une autre culture. Mais, ici, c’est un endroit
tellement particulier, et pas seulement du point de vue religieux et historique.
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| Avec des personnes ayant fait leur allyah de plus de 100
pays, ayant des tempéraments, des traditions, des musiques, des danses, des
cuisines tellement diverses, et parlant tellement de langues différentes, la vie
quotidienne est la fois enrichissante et surprenante. Notamment, cela me semble toujours étrange que l’Hébreu –qui est, somme toute, une langue difficile pour nous- soit la seule langue que j’aie en commun, et mon seul moyen de communication, avec des personnes venues de Russie, de pays de l’Est, ou même avec des Allemands ou des Suisses allemands (pourtant nos voisins !) : même si, eux et moi, ne parlons pas encore très bien l’Hébreu, nous sommes obligés de nous débrouiller dans cette langue, pour communiquer ! Et je trouve toujours fascinant d’entendre des personnes de toutes origines et de tous continents, parler l’Hébreu ! Quant aux petits enfants, avec quelle rapidité ils parlent déjà cette langue que j’ai tant de mal à apprendre ! J’aime les regarder discuter, et les écouter parler ! Mais ce qui m’a frappée le plus, durant cette année et demi ici, c’est l’intensité de ce qui est toujours vécu, que ce soit dans la joie, ou dans la douleur et le deuil ; la solidarité de tous, dans l’un comme dans l’autre ; et aussi l’aptitude à passer, en un instant, de la douleur extrême, ou du deuil, à la fête et à la joie, tout aussi intenses que la souffrance des instants précédents. En particulier, j’ai été extrêmement frappée par Yom Hazicarone et Yom Haatsmaout, d’abord en 2005, puis en 2006 : En 2005, j’étais volontaire dans une base. Nous avons donc vécu toutes les commémorations de Yom Hazicarone avec les soldats, au plateau du Golan, et à Tibériade. Lors des cérémonies, c’était bouleversant d’entendre les jeunes soldats, garçons et filles, évoquer la mémoire de leurs frères, sœurs, parents, amis, tombés pour le pays ! Les sanglots dans la voix, ou essuyant leurs larmes ; et comment ne pas pleurer avec eux ? Dans les rues et partout, on sentait présents la douleur, le souvenir ; et la densité d’un grand respect qui m’a impressionnée. Puis, le lendemain-même, toute la ville communiait, cette fois dans l’allégresse et la joie ! Une fête était organisée sur la place, et tous dansaient ensemble. En 2006, j’étais à la Maison de Retraite de Tel-Aviv. Pour Yom Hazicarone, une cérémonie a été organisée par la Maison de Retraite. Une flamme du souvenir a été allumée à l’extérieur, devant la porte d’entrée, et tous ont été invités à venir s’asseoir là. Je n’ai pas bien compris tout ce qu’ont dit la directrice, et les résidents ou membres du personnel qu’elle a appelés successivement à venir au micro. Mais j’ai compris que tous parlaient de leurs maris, pères, frères, enfants, qui avaient donné leur vie pour défendre Israël. Cela me bouleverse encore, rien que d’évoquer ces moments tellement denses d’émotion, et chargés de la douleur de toutes ces personnes avec lesquelles je vis sans cesse, au quotidien. J’ai été bouleversée de voir tant de douleur cachée, dans la vie de tellement de personnes que je sers chaque jour, ou avec lesquelles je vis, travaille, mange tout le temps. J’étais impressionnée. Je me disais : la souffrance est-elle donc présente, ici, dans toutes les vies ? Et j’ai compris la solidarité de ce petit pays : c’est comme une grande famille, où tous ont souffert et peuvent communier à la souffrance des autres. Et, après Yom Hazicarone tellement impressionnant, Yom Haatsmaout à Tel-Aviv fut vraiment une fête ! On m’a donné ce jour de congé, pour que je puisse aller voir ; et j’ai vu : des gens dansant dans les rues, et le long du bord de mer : quelqu’un joue d’un instrument, et des gens s’approchent et commencent à danser, puis d’autres passants s’arrêtent aussi, pour venir danser avec eux. J’ai été frappée que le visage de certains soit aussi rayonnant de joie ; d’autres me regardaient et lorsque nos yeux se croisaient, ils me souriaient et tout leur visage s’illuminait, comme s’il y avait eu entre nous une connivence, par cette même communion à la joie et à la fête de l’existence d’Israël. J’ai aussi aimé la fête de Simha Tora, que j’ai trouvée magnifique : les hommes dansant avec les Livres de la Torah ; et toute cette joie et cette reconnaissance que D.ieu ait donné Sa Torah ! Même Yom Kippour, pourtant jour impressionnant entre tous, devient ici une fête ! Dans tout le pays, personne ne circule en voiture et, tout le long de la plage et dans les rues, c’est la fête…d’une foule d’enfants sur leurs vélos ! Vous l’avez compris, j’aime les fêtes en Israël. Et j’aime la solidarité de tous, dans tout ce qui est vécu. Cette solidarité m’a beaucoup touchée, en particulier, lorsque l’on a annoncé à la télévision qu’un soldat, puis deux autres, avaient été enlevés. Dès cette annonce, la télévision a été allumée en permanence, dans la salle à manger de la Maison de Retraite et tous venaient sans arrêt écouter, pour savoir immédiatement, dès qu’il y aurait du nouveau les concernant. De même, durant toute la guerre, j’étais toujours étonnée, lorsque l’on parlait des soldats qui étaient tombés : on précisait toujours leur nom, leur âge, d’où ils étaient originaires, mais aussi le prénom de leurs frères et sœurs, et leurs âges ; comme dans une grande famille. J’ai été touchée de voir des parents venir parler à la télévision ; et combien j’ai admiré leur dignité et leur courage ! J’ai toujours été frappée que l’on parle souvent, ici, de façon animée, au point que l’on semble parfois se disputer. Mais j’ai vu ensuite que, dès que surviennent les problèmes, ou les épreuves, tous se resserrent autour de celui qui souffre, et font corps avec lui. Que ce soit durant la guerre, pour héberger les familles fuyant momentanément le nord d’Israël, ou pour apporter une aide matérielle à ceux dans le besoin ; que ce soit pour entourer et soutenir une collègue qui vient de perdre ses deux parents, ou une autre dont la fille de 17 ans a été tuée dans un attentat, ou une autre qui est malade….. C’est ce que j’ai pu voir aussi pour moi : quand on nous adopte, c’est ainsi : lorsque nous traversons une épreuve, même si l’on ne nous dit rien, tous se battent pour nous, et nous soutiennent. Et, finalement, si on ne nous le manifeste pas toujours, cela ne fait rien. Maintenant, je le sais : nous les aimons, ils nous aiment, et cela suffit. |