AIMER ISRAEL AU QUOTIDIEN (2) |
| Par Anne-Marie Antonietti pour Guysen Israël
News |
| Samedi 28 octobre 2006 à 21:28 |
[1ère partie
ici]Le temps file tellement vite ! Et, sans que je m’en sois rendu compte, cela fait déjà un an et demi que je suis en Israël, comme volontaire bénévole. Pour moi, quelle aventure !! C’est étrange comme le chemin s’est ouvert, puis élargi peu à peu devant moi ; pour combien de temps encore ? |
| Etonnamment, j’ai d’abord eu la conviction que je devais
apprendre l’Hébreu. J’ai donc commandé un livre et des cassettes; et commencé à
apprendre, toute seule… une langue bien difficile, car elle ne ressemble à rien
de ce que je pouvais connaître ! Mais, forte de ma conviction, je me suis «
accrochée ». J’ai commencé exactement le 1er janvier 2004 Puis, au mois de mars 2004, j’ai eu, cette fois, la conviction que je devais tout quitter (mon travail à l’hôpital et à la maison de retraite d’Ajaccio, mon appartement, les amis, et mon île) pour servir Israël. Je ne savais pas encore comment, ni dans quel cadre… Je reconnais que ce fut pour moi bien difficile à accepter. Surtout, je me posais bien des questions : quoi faire de l’appartement que je louais ? Et des meubles que j’avais achetés seulement un an auparavant ? Et ma voiture ? Et comment abandonner (à 52 ans !) un travail que j’avais trouvé après tellement de recherches ! Et comment en retrouver un autre ensuite ? Pendant trois semaines, il y eu ce combat en moi. Mais, en même temps, je savais que D.ieu avait mis ces conviction en moi, et que je partirais, dès qu’Il m’aurait montré où aller, et quoi faire. Il me fallait juste le temps d’abandonner mes peurs, de Lui faire confiance, et d’accepter. Peu à peu, un contact s’établit, puis un autre. Il m’a été proposé de venir aider deux semaines dans une base de l’armée, en octobre 2004 ; puis deux autres semaines dans une autre base, début mai 2005. En mai 2005, on m’a proposé de venir aider dans des Maisons de Retraite de personnes âgées, d’abord 6 mois près de Tel-Aviv, puis 8 mois à Tel-Aviv-même ; toujours dans le Service des personnes dépendantes : on les aide à manger, ou à boire ; on les emmène en fauteuil roulant, se promener, ou chez le médecin, chez le dentiste ou même… chez le coiffeur (eh oui, c’est très important !)…. On m’envoie aussi, presque chaque matin, acheter les médicaments dans les différents Centres d’Assurance Maladie des résidents. Ou bien il faut partir en ambulance (parfois la nuit) avec un malade, aux urgences de l’hôpital, et rester à côté de lui 5 heures, ou 8, ou davantage, durant tous les examens qui lui sont faits. Bref, c’est beaucoup de travail, très prenant, parfois épuisant ; mais ô combien attachant ! Et j’aime être ainsi complètement immergée et intégrée au cœur d’Israël, et de la vie des Israéliens. Après un mois de congé, pour rendre visite aux amis, en Belgique et en France, je suis revenue à Tel-Aviv, le 4 septembre, pour trois mois dans la même Maison de Retraite. Ensuite, on verra. On m’a déjà proposé d’aider à Guivataïm, près de Tel-Aviv…. D.ieu voulant… J’ai une grande joie à être ici ! J’ai déjà parlé l’année dernière, à diverses reprises, des relations qui s’établissent avec les personnes âgées. Des relations se tissent aussi avec le personnel que j’aide ; ou dans le cadre de l’oulpan (cours d’Hébreu) où je vais deux soirs par semaine. Des amitiés se créent ; on m’invite pour le Shabbat, pour les fêtes ; ou même, tout simplement.. à aller à la plage toute proche, ou à faire une promenade le long du bord de mer Ma vie ici est tellement dense ! Elle file à toute allure, et il m’est difficile de réaliser que je suis ici depuis déjà un an et demi ! Et, en même temps, il me semble que je suis ici depuis très très longtemps ! Après un premier abord qui peut nous paraître difficile (à cause de la langue, à cause de la différence avec notre culture, et aussi parce que chacun a sa vie personnelle ; avec ses souffrances et ses problèmes, comme partout…ou parfois plus…..), le pays vous adopte. Il s’attache à vous ; comme une seconde peau, comme une part intégrante de vous-même. Et il me semble maintenant que j’ai toujours vécu ici ; que j’ai toujours connu cette ville, qui m’est devenue familière, et toutes ces personnes, que j’aime, avec leur façon de penser, leurs traditions et, notamment…leurs fêtes, que j’aime tout particulièrement ! A Beth Shalom, la Maison de Retraite où je travaille et où je vis, à Tel-Aviv, le Shabbat et les fêtes sont scrupuleusement respectés, ainsi que toutes les traditions. Il est intéressant pour moi de voir tout au long de cette année, de mieux connaître et de comprendre, peu à peu. J’aime apprendre leur langue, et pouvoir entendre leurs préoccupations, leurs souffrances, leurs joies, leurs espérances. Vivre avec eux les temps difficiles et ressentir avec eux, souvent, l’injustice des médias internationaux. Entendre ce qui se passe, de l’intérieur. Ensuite, durant mon temps de congé, à Bruxelles, à Paris, en Corse, j’ai pu être invitée par des groupes, ou des assemblées chrétiennes évangéliques, et même par des radios chrétiennes, pour expliquer ce qui se passe ici, et ce que l’on ressent, au-delà de ce que l’on peut entendre ou lire dans les médias de nos pays. C’est autant de façons de servir, toutes aussi importantes les unes que les autres. Rien n’est négligeable, que cela participe à la consolation et à l’encouragement ici, ou à l’information là-bas. Vivre avec la population au quotidien. Aimer Israël au quotidien. Et, en retour, recevoir la récompense de m’entendre dire, en Hébreu : « maintenant, tu n’es plus une « mitnadevete » (une bénévole). Maintenant, tu fais partie de l’équipe ; et ici, c’est ta maison ! Tout le monde t’aime, et tout le monde veut que tu restes toujours ici ! » L’amour d’Israël et des Israéliens, quelle belle récompense à notre amour et au don de nous-mêmes ! |